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Traitement de l’allergie: Plus qu’un « plasteur » sur les symptômes?

Allergies: symptômes, traitement et immunothérapie sublinguale - 6 novembre 2011


Encore un patient récemment qui pensait soigner ses allergies.  Allergique à l’herbe à poux, les yeux qui piquent, le nez congestionné.  « Je prends mes anti-histamines et mon stuff dans le nez… »

Traitement des symptômes allergiques

Oui effectivement, il est tout-à-fait approprié de contrôler les symptômes allergiques du nez et des yeux (on appelle ça la rhinite et la conjonctivite) avec des médicaments qui ont pour but de minimiser l’inconfort une fois que l’allergène – ici celui de l’herbe à poux – a réussi à se déposer dans le nez ou sur le revêtement de l’œil.

Et bien des patients vont voir un allergologue (allergiste est un anglicisme) et se font conseiller en ce sens.  Et c’est bien correct du moment que tout le monde comprend qu’il ne s’agit là que d’une façon de temporiser.  On ne guérit rien ici; on ne fait que palier la situation.  On masque les symptômes comme on cache le bobo quand on y applique un « Band-Aid ».

La différence, c’est que le bobo guérit tout seul… lui.

Les allergies demeurent.  En fait, on a clairement démontré qu’une allergie accroit le risque de développer des allergies à d’autres substances (on dit des « allergènes ») ainsi que le risque de faire de l’asthme.  Et cela te suit pour le reste de tes jours…

L’immunothérapie en allergie

L’immunothérapie : c’est un beau grand mot savant qui veut dire le traitement du système immunitaire (notre système de défense).  Attention, il est fort possible que si vous cherchez ce mot sur l’internet vous allez aboutir à toute une panoplie d’articles sur des traitements de cancer.  Ici on parle d’allergie…

Depuis maintenant 100 ans (c’est le Dr Leonard Noon aux Etats-Unis qui a publié cela en 1911!), on sait qu’on peut traiter la maladie allergique elle-même en « habituant » en quelque sorte notre système immunitaire en lui présentant de façon soutenue des quantités définies de l’allergène auquel il réagit.

Donc, simplement, on administre au patient (dans le cas dont je parle en haut, l’allergène de l’herbe à poux) des doses d’herbe à poux!  Traditionnellement, on faisait cela par injection.  Malheureusement, cela doit se faire dans le bureau d’un médecin parce qu’il y a certains dangers (j’en parlerai dans un autre blogue…).  (On ne parle pas ici de plusieurs allergies alimentaires qui ne peuvent pas pour le moment être traitées directement, malheureusement).

L’immunothérapie sublinguale

Mais on peut maintenant, comme cela se fait en Europe, traiter la base de la maladie allergique par immunothérapie mais sous forme de gouttes qu’on se dépose sous la langue une fois le matin, chez soi, tranquillement.

C’est ce qu’on appelle l’immunothérapie sublinguale.  Et ça marche!  C’est plus sécuritaire que les injections, donc pas besoin d’aller chez le docteur à toutes les semaines.  Plus simple que ça…  En fait je vais vous en parler une autre fois, il y a des choses qui s’en viennent : palpitant!

Toujours est-il que l’immunothérapie, qu’elle soit sous forme d’injection ou de gouttes sublinguales, change notre système immunitaire.  Il existe des marqueurs biologiques (des tests sanguins) qui nous permettent de vérifier que notre organisme a véritablement changé sa façon de réagir à cet antigène.  En Europe, on croit même qu’en traitant les principales allergies d’un patient de la sorte, on change la dynamique allergique du patient : on favorise la disposition du patient à répondre de façon plus saine (mode anti-virus, anti-bactérie, anti-cancer) plutôt que sous forme allergique.

Alors pourquoi ne s’en tenir qu’à « masquer le bobo » quand on peut guérir l’allergie?
Par Guy Tropper



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